Les couleurs que l’on perçoit, une histoire de culture.

Saviez-vous que les couleurs que l’on voit dépendrait de là où on vient?

La couleur est une forme de communication essentielle pour tous les êtres vivants. Les animaux l’utilisent pour attirer l’attention ou se fondre dans le paysage. Nous les humains, l’utilisons pour représenter des idées, des sentiments et des émotions. 

Dans cet article nous verrons comment les cultures et l’histoire influent sur la perception des couleurs et sur celles que l’on porte.

Les noms des couleurs

L’étude de la couleur est un domaine qui engage des chercheurs du monde entiers, des linguistes, des chimistes, des artistes etc. Ils tentent de comprendre l’impact des couleurs sur la société, sur l’esprit et sur le corps humain.

Un des domaines d’étude est le langage et comment celui-ci détermine notre façon de percevoir les couleurs.

L’esprit humain a besoin de catégoriser. Il fait des petites cases dans le cerveau pour ne pas le saturer d’informations. Et la couleur est un excellent moyen de faire des catégories faciles à retenir. 

Ainsi, les langues ont coupé le spectre des couleurs en catégories distinctes pour faciliter les communications. Mais toutes les langues n’ont pas coupé le spectre de la même façon.

Comment le nom influe-t’il sur ce que l’on voit?

L’écrivain Gavin Evans, spécialiste de la couleur explique que “La perception des couleurs, n’est pas uniquement basée sur la couleur que l’on voit, mais aussi sur le nom que l’on donne à cette couleur.” 

Couleur rose rouge
Photo by Austin Chan on Unsplash

Un peuple ayant un nom pour la variation d’une couleur (ex:rose), pourra mieux perçoir cette couleur qu’un peuple n’ayant qu’un nom dérivant d’une autre couleur (rouge clair). 

Par exemple au Japon, beaucoup de couleurs ont un nom dont l’origine dérive d’animaux, de plantes ou encore de la matière utilisée pour créer la couleur.

La couleur Nezumi est la couleur gris clair mais c’est aussi le mot pour désigner la souris.

Cette manière d’exprimer la couleur permet une grande variété de noms et donc une plus vaste perception des couleurs. 

A l’inverse, si on a moins de noms pour déterminer une couleur, on a moins de moyen de la différencier et donc de la voir. 

L’influence de l’histoire sur la couleur

L’exemple du Japon

Pendant toute l’histoire du Japon, il existé un classement des couleurs selon leur rang de noblesse. Ainsi, seuls les nobles étaient autorisés à porter du violet ou du rouge. 

Lors de la période Edo, les nobles ont interdit le port de vêtements de luxe pour les gens “ordinaires”. Interdisant les broderies, les couleurs vives, les motifs ou encore la soie. 

Les seules couleurs autorisées étaient donc le marron, le bleu ou le gris. Mais c’était sans compter la volonté des citoyens de rester élégants

Ils créèrent toute une gamme de nouvelles nuances appelée “48 thés et 100 souris” (en Japonais le marron est appelé couleur thé et le gris est couleur souri), ils modifiaient les motifs, tels les rayures, et les petits motifs pour qu’ils apparaissent unis lorsqu’on regarde de loin. 

Mais la rébellion ne s’arrêta pas là. Si l’extérieur ne pouvait être discret, l’intérieur pouvait, lui, être facilement dissimulable et donc extravagant. Ainsi apparaissent à l’époque Edo, les doublures hautes en couleurs. Brodées, colorées et flashy, elles apparaissent et disparaissent dans un éclair, jouant sur le mouvement et la fluidité. 

Cette culture de ne pas montrer de manière ostentatoire se retrouve aujourd’hui dans plein d’aspect de l’art et du design Japonais. Où l’extérieur paraît simple et discret mais où l’intérieur est riche et plein de détails. Après cet épisode historique, la langue japonaise s’est étoffée d’une grande quantité de noms pour les variations de couleurs. Donnant ainsi au Japonais une très grande sensibilité aux couleurs.

Les couleurs que l’on porte

Petite-robe-noire

Pendant longtemps j’ai adopté le noir comme couleur de prédilection. Mon histoire parisienne y est sûrement pour quelque chose. 

<- La petite robe noire de Guerlain

En effet si vous vous baladez à Paris, vous pouvez compter le nombre de personnes qui ne porte aucun élément de noir dans leur silhouette. C’est assez rare et encore plus en hiver. 

Lorsque j’ai commencé à voyager dans le monde, j’ai réalisé que ça n’était pas le cas partout. Bien évidemment me direz-vous!

Mais l’effet de notre environnement est indéniable sur comment on s’habille et encore plus avec les couleurs que l’on choisit de porter. 

En Europe, on portera du noir pour être sérieux, lors d’un enterrement ou d’un entretient important. On portera du blanc pour l’innocence à un mariage ou du rouge pour l’énergie pendant une course sportive.

En Asie, le blanc est associé à la mort et au vide tandis que l’on portera volontié du rouge à un mariage. 

La culture et la symbolique des couleurs dépendent ainsi complètement de l’endroit où on se trouve.

En parlant des couleurs que l’on porte, il y a quelque temps, j’ai découvert le super blog de Loren (https://www.soyonselegantes.com). C’est un blog très complet sur l’influence des couleurs sur notre esprit et comment l’utiliser dans les vêtements. Vous pouvez y jeter un coup d’œil! 

Pour conclure

Ainsi les couleurs que l’on voit ne sont pas unanimes dans le monde entier. On voit la couleur bien sûr, mais la perception des couleurs est différente selon la langue que l’on parle

L’étude de la couleur est un sujet passionnant et grâce aux vêtement on peut habiter les couleurs et s’en servir pour plaire, pour se cacher, ou encore pour se motiver.

Pour aller plus loin je vous invite à lire ces articles passionnant dont je me suis inspiré pour écrire cet article:

8 Responses

  1. Intéressant ton article, comme quoi notre « réalité » n’est pas si réelle que ça et est bien conditionnée par toutes sortes de choses, y compris notre perception des couleurs 😉

    • Merci beaucoup! Oui comme quoi notre esprit peut facilement percevoir les choses qu’on lui explique et beaucoup moins les choses pour lesquelles on a pas de mots!

  2. J’ai adoré l’histoire des “48 thés et 100 souris” !! Merci Agathe pour cet article inspirant ! Et aussi pour les références complémentaires que je vais explorer. 🙂

    • Merci! L’histoire de la couleur au Japon est fascinante! Notamment dans l’association des couleurs qui varie beaucoup de la notre.

  3. Merci pour cet article! Je savais que la signification des couleurs pouvaient varier d’un pays à l’autre mais je n’avais pas réalisé que la langue utilisée pour décrire les couleurs pouvaient influencer leur perception! Et quand on sait que les femmes peuvent voir plus de nuances que les hommes (gène permettant cela porté sur le chromosome X donc un seul exemplaire chez l’homme mais deux chez la femme)…on se dit que finalement, chacun voit la vie en couleur, mais toutes les couleurs sont différentes selon le spectateur!

  4. Super article!
    Je vis au Japon depuis 2 ans et demi et, si j’ai bien constaté que le rapport des Japonais aux couleurs est différent de celui auquel j’étais plus habituée en Europe, je ne savais pas tout cela! J’aime bien les anecdotes sur la doublure, et sur les motofs fins qui donnent une impression d’unité de loin, mais de texture unique de près! Passionnant! Sur un plan philosophique, c’est une preuve empirique que le monde n’a pas vraiment de réalité propre, mais celle qu’on sait / peut voir avec nos filtres de perception! Merci pour ces éclairages vraiment passionnants. Virginie de wHoUman, blog de santé – bien-être naturel pour Faire Peau Neuve… les Vêtements sont vraiment une seconde peau aussi!

    • Merci pour ton commentaire! j’ai aussi habité quelques années au Japon et c’était vraiment quelque chose qui m’avais marqué! Le rapport aux motifs et au choix des volumes est très différent et très inspirant 🙂

  5. J’ai adoré l’histoire du Japon merci Agathe 🙂

    Article intéressant surtout quand on connait l’influence que peuvent avoir les couleurs.
    D’ailleurs beaucoup de grandes marques jouent la dessus pour faire passer leur message.

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